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Textes fondateurs

Quelques textes qui servent de fondement à notre association mais aussi au mouvement des écoles chrétiennes en francophonie.




Création, Bible et science…

Déclaration sur la Création, la Bible et la  Science

Texte adopté par l’Assemblée Générale de l’AESPEF

Le 22 Février 2008

Introduction

L’Association des Établissements Scolaires Protestants Évangéliques en Francophonie rassemble des établissements scolaires autour de valeurs et de buts communs.[1] Notre vision biblique du monde et de la vie inclut la foi en Dieu en tant que Créateur, Rédempteur et Restaurateur de toutes choses. Notre confession de foi, qui est celle de l’Alliance Évangélique Européenne, déclare que nous croyons en :

La souveraineté et la grâce de Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint Esprit dans la création, la providence, la révélation, la rédemption et le jugement final.

L’inspiration divine des Saintes Écritures et en conséquence son entière véracité et son autorité suprême dans tous les domaines de la foi et du comportement.

Au sujet des Écritures et de la Science

Les Écritures sont vraies dans toutes leurs affirmations ; de ce fait nous croyons que les actes créateurs de Dieu sont rapportés de façon fiable dans le récit biblique et qu’ils sont nécessaires à notre compréhension de notre vocation humaine et de ses buts rédempteurs. Les Écritures affirment que Dieu a créé l’univers, mais elles ne le font pas dans un langage scientifique, et ne dévoilent pas pleinement non plus la façon dont Dieu s’y est pris.

Les efforts scientifiques des chrétiens présupposent que l’univers existe, qu’on peut le connaître, jusqu’à un certain degré, par la raison humaine et les méthodes propres aux sciences naturelles, et qu’il témoigne en lui-même d’un dessein intelligent qui révèle quelque chose des « choses invisibles » de son auteur (Romains 1) En effet, il y a corrélation entre l’intelligence de l’être humain et les lois qui régissent l’univers car les deux ont été créés par le Dieu unique et sage.

L’investigation à l’intérieur de ces cadres scientifiques et bibliques devrait permettre d’interpréter et de réunir de façon honnête et équitable, toute donnée scientifique et de soutenir une interprétation évangélique responsable des Écritures. Nous pouvons donc connaître réellement mais non exhaustivement.

Au sujet de la Création

  •  Une doctrine de la création divine fondée sur les Écritures est le premier élément d’une vision chrétienne du monde. Elle affirme que :
  • Un seul Dieu existe, Esprit intelligent, transcendant, saint et aimant ; Dieu a existé avant la naissance du cosmos matériel. Dieu le Créateur est totalement autre que Sa création et en est essentiellement distinct. La Parole de Dieu est le moyen créateur par lequel toutes les choses sont parvenues à l’existence.
  • L’ordre créé est le résultat du dessein voulu de Dieu et les actions décrites au cours des six jours de la création (en hébreu « yom ») dans le premier chapitre du livre de la Genèse et suivants ne peuvent s’expliquer par la seule référence au temps, au hasard, au processus d’auto-génération et/ou aux lois naturelles.
  • La continuation de l’univers maintenant et dans tous les temps est aussi l’œuvre de la Parole de Dieu. Dieu est impliqué de façon inimitable dans le maintien et la conservation de Sa création. En effet, toute la réalité créée tient ensemble par la puissance de Dieu qui la soutient. (Psaume 33:9 ; 104: 27-30 ; Hébreux 1:3 ; Colossiens 1:17)
  • Dieu a fait Sa création bonne et à la fin du récit de la création, Il conclut que cela était « très bon » (Genèse 1:31)
  • La finalité de toute la création est de louer Dieu (Psaume 148:7-13). Chaque élément de la création est pour la louange de Dieu, et loue Dieu selon sa propre nature, dans certains cas par le seul fait qu’il existe. Les hommes doivent maintenant apporter une telle louange, qui n’est acceptable qu’au travers d’une relation avec Dieu qui a été restaurée par la foi en Son Fils, par les moyens conjoints d’une communion et d’une vie d’obéissance et de service. (Romains 12 : 1-2)

Au sujet de la création des êtres humains, et de leur Chute dans le péché

La création divine des êtres humains est la pierre angulaire de la vérité biblique. Cela est essentiel pour notre compréhension de l’œuvre rédemptrice du Christ et pour affirmer avec certitude la dignité humaine. La Bible affirme clairement que :

  • Les premiers êtres humains, Adam et Eve, constituaient le point culminant des actes créateurs de Dieu. Ils ont été créé « à Son image » (Genèse 1:26-27), une caractéristique qui distingue les hommes de toutes les autres créatures et souligne leur signification et valeurs uniques aux yeux du Créateur. La créature humaine se définit donc par rapport au Créateur. Comme ce dernier, l’homme est un être personnel qui aime, pense et agit.
  • Les premiers hommes ont succombé au péché par cet acte historique que fut leur désobéissance à Dieu (Genèse 3). Cette désobéissance a amené la mort à l’humanité (Romains 5 : 12) et a également affecté la création de façon significative. Néanmoins, de nombreuses évidences de la bonté originelle de Dieu demeurent.
  • Même aujourd’hui, dans notre condition d’après la Chute, Dieu s’attend à ce que l’humanité garde, gère, et prenne soin de Sa terre selon Ses directives (Genèse 1:28 et 2:15). Dieu s’oppose à toute maltraitance ou exploitation abusive de Sa Création.

Au sujet de l’évolution

L’évolution dans sa forme la plus simple est davantage la désignation des changements observables au cours du temps dans les réalités et fonctions du cosmos et spécialement dans les formes de vie. Mais l’évolution devient une théorie d’ordre religieux et philosophique contraire à la vision biblique du monde quand elle est attachée aux spéculations d’une vision du monde dominée par le naturalisme moderne. L’AESPEF rejette ces interprétations comme étant non bibliques et dépassant les limites de la science légitime :

  • L’évolutionnisme qui affirme que toute entité ou tout phénomène soit venu à l’existence par hasard
  • Les interprétations qui ne réussissent pas à prendre en compte à la fois les actes créateurs distincts de Dieu tels qu’ils sont décrits de Genèse 1:1 à 2:25 et la supervision de Dieu, son implication directe et immédiate dans tout le processus de la création.
  • Les conséquences de la perspective religieuse de l’évolutionnisme, qui nie le fait qu’il y ait des lois universelles créées et des absolus d’ordre moral.
  • La conception selon laquelle le monde matériel ou la « nature » serait autonome, que le cosmos serait éternel et en évolution progressive selon un processus de génération spontanée.
  • La notion selon laquelle le progrès au sein de l’humanité ou de toute autre chose serait inévitable. Ni les Ecritures ni la science ne cautionnent cette notion de progrès inéluctable dans le cosmos, en dehors de l’activité rédemptrice de Dieu.

Les différents modèles d’interprétation créationniste.

Tous les modèles courants qui tentent de mettre en relation les détails bibliques avec les données scientifiques au sujet de la création impliquent des spéculationsqui ne sont, à un certain degré, que d’ordre théorique. Ces modèles n’ont pas le même statut que la révélation divine et sont ouvertes à la critique, au débat et à la poursuite de la recherche. L’AESPEF croit que :

  • Une vision biblique de la création, tout en posant un cadre, encourage la recherche scientifique parce que nous acceptons les deux sources d’information : la révélation biblique et la révélation naturelle, celle que nous offre la Création.
  • La révélation biblique et la révélation naturelle, bien que différentes, ne doivent jamais être conçues comme en conflit l’une avec l’autre parce que Dieu est à la source des deux. Les divergences apparentes devraient faire différer les conclusions en faveur d’un réexamen humble et prudent des présuppositions, des théories et interprétations qui conduisent à ce désaccord.
  • Le fait de différer les conclusions doit s’accompagner d’une évaluation honnête, d’un examen minutieux, et conduire à un débat respectueux à l’intérieur du cadre d’une vision biblique du monde et de la réalité.

 Au sujet de certaines différences propres à certains domaines

Nous reconnaissons que la fidélité à une conception élevée des Écritures ne produit pas une uniformité interprétative ni une lecture univoque au sujet des aspects suivants d’une position créationniste. Il est cependant recommandé que les acteurs de l’AESPEF suspendent et diffèrent leurs conclusions sur :

  • La chronologie de la création de Genèse 1 et le fait de savoir si l’ensemble des actes créateurs de Dieu s’est produit sur une période de temps longue ou courte.
  • L’âge de la terre
  • L’étendue des changements limités dans les formes de vie au cours du temps.

 Au sujet de notre réponse à ces vérités

Parce que nous croyons fermement à l’enseignement biblique au sujet de la création, l’AESPEF cherche à :

  • Adorer Dieu en réponse à son immensité, sa complexité et la beauté majestueuse de Sa Création (que les découvertes scientifiques, entre autres, contribuent à mettre en valeur).
  • Proclamer et respecter le fait que la création est bonne, que Dieu nous la confie afin que nous en prenions soin, que nous la protégions, que nous en fassions bon usage, de façon responsable et joyeuse.
  • Affirmer que chaque personne est unique, portant l’image de Dieu. De ce fait, elle est imprégnée de dignité et mérite d’être traitée avec respect et amour.
  • Respecter la valeur intrinsèque de chaque espèce comme étant l’œuvre créée par Dieu, sans que notre jugement soit influencé par des critères économiques ou utilitaristes.

 Alors que nous affirmons nos convictions qui nous sont propres, nous nous efforçons de maintenir une attitude de respect et de charité envers ceux qui soutiennent d’autres points de vue en la matière.

Ce respect nous pousse à informer les élèves de nos établissements du point de vue évolutionniste comme une hypothèse qu’ils doivent connaître, tout en enseignant le point de vue créationniste (avec les nuances apportées ci-dessus) qui reste à ce jour une hypothèse, selon l’ordre scientifique, hypothèse qui cependant est rationnelle, qui rend compte de la réalité de manière satisfaisante, et vient conforter notre conviction selon l’ordre de la foi.


[1] Voir la « Charte pour l’éducation en francophonie » et la « Déclaration de Prague », textes de références, disponibles sur le site : www.aespef.org




Déclaration de Prague

Ce que nous croyons et ses implications dans le domaine de l’éducation

Nous, responsables d’établissements protestants évangéliques en francophonie (AESPEF), déclarons avoir adopté la Déclaration de Prague comme un texte fondateur, de référence, autour duquel nous nous rassemblons:

Partie A : Les fondements de notre foi

A1. Importance de la pensée Chrétienne historique pour l’éducation dans l’Europe contemporaine

En tant que participants à la Conférence de l’Association Européenne des Enseignants Chrétiens (EurECA), à St John-under-the-Rock, Prague, du 16 au 19 mai 1997, nous affirmons l’importance de la pensée Chrétienne historique pour l’éducation dans l’Europe contemporaine. Cette pensée est exprimée dans la Déclaration de Foi de l’organisation de l’Alliance Évangélique Européenne dont nous faisons partie. (EEA)

A2. La déclaration de foi de l’Alliance Evangélique Européenne

Nous, chrétiens évangéliques, acceptons la révélation du Dieu Trinitaire donnée dans les Saintes Ecritures de l’Ancien et du Nouveau Testament et confessons la foi historique que l’Evangile présente. Nous affirmons par là les doctrines que nous considérons comme fondamentales pour la compréhension de la foi, et qui devraient déboucher sur l’amour mutuel, l’entraide chrétienne pratique et l’intérêt de l’évangélisation :

– La souveraineté et la grâce de Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint Esprit dans la création, la providence, la révélation, la rédemption et le jugement final.

– L’inspiration divine des Saintes Ecritures et en conséquence son entière véracité et son autorité suprême dans tous les domaines de la foi et du comportement.

– Le péché universel et la culpabilité de l’homme déchu, qui le place sous la colère et la condamnation de Dieu.

– Le sacrifice de substitution du Fils de Dieu incarné comme unique base toute suffisante pour la rédemption de la culpabilité et de la puissance du péché, et de ses conséquences éternelles.

– La justification du pécheur uniquement à travers la grâce de Dieu par la foi en Christ crucifié et ressuscité d’entre les morts.

– L’œuvre d’illumination, de régénération, de domiciliation et de sanctification de Dieu le Saint Esprit.

– La prêtrise de tous les croyants qui forment l’Eglise universelle, le Corps dont Christ est la tête, et qui est engagé par Son commandement à la proclamation de l’Evangile de par le monde.

– L’attente du retour personnel et visible du Seigneur Jésus-Christ.

A3. Déclaration de foi touchant en particulier au domaine de l’éducation

En tant qu’organisations et individus qui sont principalement concernés par l’Education Chrétienne en France, nous mettons l’accent sur les points particuliers relatifs à cette Déclaration de foi.

A3.1 La Trinité

Nous affirmons qu’il y a un Dieu unique en trois personnes : Dieu le Père, Jésus-Christ son Fils et Dieu le Saint-Esprit.

L’existence de Dieu constitue le fondement de la connaissance humaine au travers d’une relation avec Lui. L’existence d’un Dieu unique en trois personnes constitue le fondement de l’individualité en même temps que des relations dans la communauté humaine.

A3.2 La Création

Nous affirmons que Dieu est le créateur de l’univers, déclaré par lui comme étant bon, et qu’il en maintient l’existence.

En conséquence toutes choses appartiennent à Dieu et servent à ses desseins : rien ne nous appartient pour qu’on en use à sa guise.

A3.3 Créés à l’image de Dieu

Nous affirmons que Dieu a fait les hommes à son image.

Nos natures physique, mentale, émotionnelle, créative, morale et spirituelle nous différencient des autres êtres créés.

Les hommes sont faits pour entretenir des relations d’amour avec Dieu Lui-même et entre eux au sein des familles, des communautés, des sociétés et dans la communauté mondiale

Les hommes sont égaux en dignité et ont tous droit à l’amour et au respect indépendamment de la race, du sexe, de l’âge ou du statut social.

Chacun est un individu, unique dans sa personnalité et ses dons et est redevable à Dieu, particulièrement pour ce qui regarde à la manière de gérer la création.

A3.4 La Révélation

Nous affirmons que Dieu se révèle aux hommes selon des manières différentes et non contradictoires :

– par l’univers qu’Il a créé, dans l’histoire et la conscience humaine ;

– par son Fils Jésus Christ qui est venu dans ce monde ;

– et par les Ecritures de l’Ancien et du Nouveau Testament que le Saint Esprit a inspirées et interprète.

Nous sommes soumis à cette autorité finale des Ecritures et ne pouvons en être séparés dans notre poursuite de la connaissance, de la compréhension des choses et de la sagesse.

Une véritable connaissance est possible même si notre connaissance reste limitée en tant qu’êtres limités.

A3.5 La Chute

Nous affirmons que les hommes ont choisi de désobéir à Dieu sur la proposition de Satan. En conséquence, nous sommes devenus pécheurs par nature et cela a affecté toute la création.

Il en est résulté le conflit continuel entre le bien et le mal dans le monde. L’activité de Satan et du côté pécheur de notre nature affecte tous les aspects de nos vies, toutes nos relations et enfin notre connaissance. Notre capacité de connaître en tant qu’êtres déchus n’est pas limitée mais été tordue et est sujette à l’erreur parce que nous avons tendance à considérer l’homme comme point ultime de référence au lieu de la révélation divine.

Il y a une possibilité de connaître la réalité mais, dans notre certitude de la connaître, nous devrions humblement reconnaître la possibilité de nous tromper.

A3.6 La Rédemption

Nous affirmons que des relations justes avec Dieu, avec tout ce qu’Il a fait et avec chacun , ne peuvent qu’être restaurées sur la base de la mort et la résurrection de Jésus Christ et au travers de la foi en Lui.

Même si beaucoup se vantent d’offrir, dans notre société plurielle, la connaissance et l’épanouissement, c’est seulement au travers de la foi en Jésus-Christ que nous pouvons expérimenter la liberté et ce processus qui consiste à toujours plus ressembler à Jésus.

A3.7 L’Eglise

Nous affirmons que ceux qui ont la foi en Dieu au travers de Christ sont appelés à vivre comme le peuple de Dieu dans notre monde contemporain.

Cela implique un appel à servir les autres, spécialement les enfants, les pauvres et les plus démunis, et de devenir une influence qui transforme la société.

A3.8 Les Evénements futurs

Nous affirmons que Dieu, au travers de Jésus Christ et du Saint Esprit s’est souverainement impliqué dans le cours de l’histoire qui nous conduit vers la deuxième venue de Jésus et l’établissement de Son Royaume.

Toutes choses convergent vers un but et ne resteront pas telles qu’elles ont été ou sont en ce moment.

Partie B: L’éducation en Europe

B.1 En tant que participants à la Conférence de l’Association Européenne des Enseignants Chrétiens (EurECA), à St John-under-the-Rock, Prague, du 16 au 19 mai 1997, nous affirmons l’importance de la pensée Chrétienne historique pour l’éducation dans l’Europe contemporaine. Cette pensée est exprimée dans la Déclaration de Foi de l’organisation de l’Alliance Évangélique Européenne dont nous faisons partie. (EEA)-(voir Partie A: Déclaration de Foi )

En tant qu’enseignants chrétiens, nous travaillons dans des contextes d’éducation variés, englobant le public et le privé, écoles chrétiennes ou laïques. Nous avons une vision pour les buts, le contenu et l’exercice de l’enseignement; ceux ci sont exprimés dans les croyances Chrétiennes fondamentales en partie A.. Dans le contexte de sociétés plurielles nous aimerions partager cette vision avec d’autres dans un esprit de compréhension mutuelle. Ce sont là les idéaux vers lesquels nous désirons œuvrer. Nous reconnaissons et respectons le fait que d’autres aient des idéaux différents.

Nous croyons que bâtir des sociétés harmonieuses se fait mieux dans le partage des divers idéaux, dans la négociation et l’échange mutuels plutôt que dans l’exclusion de tout ceux qui partagent un point de vue différent au sujet de l’éducation.

Dans nos sociétés démocratiques d’aujourd’hui, les Chrétiens ont la responsabilité de défendre une perspective Chrétienne de l’éducation à un niveau national et jusqu’à la Commission Européenne.

B.2 Contextes d’éducation contemporaine en Europe

N

ous tenons compte de trois contextes significatifs dans les principes éducatifs chrétiens que nous proposons:

B.2.1 Le contexte social, économique et politique

ü Changements du modèle familial, et rupture des relations en général.

ü Recherches de nouvelles identités pour des groupes sociaux qui ont une histoire commune et qui regardent leur passé avec nostalgie. En même temps il y a une recherche d’une nouvelle identité Européenne ; cette recherche peut apparaître comme quelque chose de limité si elle est considérée d’un point de vue global.

ü Mobilité plus grande , frontières nationales plus ouvertes, ce qui conduit à des tensions entre un racisme resurgissant et le désir de créer des sociétés « multiculturelles ».

ü Suite à la chute du communisme, se répand partout une philosophie du libre marché, dans laquelle l’individualisme du consommateur est souverain.

ü La désillusion, le scepticisme, et un manque de confiance dans le système politique résultant de la chute du communisme et du capitalisme ont généré un grand pragmatisme, particulièrement en Europe de l’Est.

B.2.2 Le contexte spirituel et intellectuel

ü Suite au déclin du modernisme du « Siècle des lumières », et de la perte de la foi dans un système de croyance universel, une recherche de nouvelle spiritualité est apparue.

ü Continuité des influences chrétiennes dans les héritages culturels nationaux à travers le continent (y compris dans les anciens pays communistes) et tentatives des dénominations chrétiennes établies de reprendre le terrain perdu.

ü Emergence d’une forme de pluralisme qui met l’accent sur le fait que toutes les perspectives du monde et de la vie sont également vraies et que la tolérance est la plus grande vertu.

B.2.3 Le contexte de l’éducation

ü Variété de contextes formels et informels, tels que les institutions éducatives, les églises, les foyers, et les groupes de bénévoles.

ü Accès aux informations sans précédent.

ü Influence des médias et de l’audiovisuel.

ü Intérêt élargi pour les valeurs morales et les standards d’éducation.

ü Une course au changement sans précédent dans ce contexte de l’éducation.

B3. Principes chrétiens sur la théorie et la pratique de l’enseignement

N

ous affirmons les principes suivants pour l’éducation contemporaine en Europe:

B3.1 Les responsabilités dans l’éducation

B3.1.1 Nous affirmons que les parents ont la responsabilité première de l’éducation de leurs enfants. Ils ont donc la responsabilité de s’assurer que, dans la mesure du possible, le type d’enseignement que reçoivent leurs enfants est en accord avec leurs propres convictions et leurs valeurs. Cela peut se traduire par une école à la maison, ou par des écoles administrées par une église ou un autre groupe communautaire ou par l’État lui-même.

B.3.1.2 Nous affirmons que la responsabilité des enseignants pour l’éducation des enfants qui leur sont confiés, leur est déléguée par les parents, ceux ci étant supposés continuer à s’impliquer dans l’éducation de leurs enfants.

B.3.1.3 Nous affirmons la responsabilité des élèves et des enseignants, et en fait de nous tous, de nous engager dans un processus d’apprentissage à vie, et de le faire en partenariat.

B.3.1.4 Nous affirmons que les églises Chrétiennes ont la responsabilité d’enseigner leurs membres et leurs enfants à penser et à vivre comme des disciples de Christ. Elles ont une plus grande responsabilité encore, celle de servir la communauté, incarnant l’amour de Dieu dans un monde brisé, en partie au travers de leur engagement dans l’éducation au sein de leur ville. (voir A.3.7.)

B.3.1.5 Nous affirmons la responsabilité des parents de préparer leurs enfants à avoir un regard critique sur les leçons et les activités qui sont clairement opposées à leurs convictions et à leurs valeurs, et lorsque cela est nécessaire, de retirer leurs enfants de ces leçons ou de ces activités.

B.3.1.6 Nous affirmons que les gouvernements ont la responsabilité du bien-être des citoyens de leur État y compris le fait de veiller à ce qu’une éducation soit offerte aux enfants. Il a aussi la responsabilité de déterminer un cadre de valeurs communes, mais cela ne devrait ni empêcher le développement de particularités, ni empêcher les Chrétiens de prendre la responsabilité de concevoir et d’exercer l’éducation à partir de la perspective de leur foi.

B.3.1.7 Nous affirmons que tous ceux qui éduquent dans quelque contexte éducatif que ce soit, sont en finalité responsables envers Dieu de ce qu’ils font.

B3.2 Buts de l’éducation

B3.2.1 Nous affirmons que l’éducation est un processus d’apprentissage qui dure toute la vie et qui concerne:

ü Le développement de la personne entière (par ex, spirituel, volonté, intellectuel, moral, social, culturel, émotionnel, physique);

ü Une entière compréhension de la réalité créée dans tous ses aspects distincts (par ex. éthique, mathématique, linguistique, historique, esthétique, scientifique); et

ü La vie dans son entier et ses différentes activités (par ex. le travail, les jeux, le repos, la pensée, la créativité, l’imagination, la découverte).

B3.2.2 Nous affirmons que l’éducation devrait fournir des occasions:

ü D’apprendre à connaître Jésus Christ et à comprendre Ses projets pour la vie de chacun (voir A3.4 et A3.6);

ü De discerner la vérité de ce qui est faux, et de faire ce qui est bien plutôt que ce qui est mal (voir A3.5);

ü De vivre comme des citoyens responsables au travers de relations d’amour mutuel, de respect, et de service les uns envers les autres, au sein des familles, des communautés ou des sociétés (voir A3.1, A3.3, A3.6 et A3.7);

ü D’étudier tous les aspects de la réalité créée et d’apprendre à l’administrer et à en prendre soin de façon responsable (voir A3.3);

ü D’apprécier et de goûter la beauté et les merveilles de ce que Dieu a fait, aussi bien que des réalisations et de la créativité humaine (voir A3.2 et A3.3);

ü De développer des dons pratiques ainsi que la capacité de communiquer, de prendre des décisions et d’être créatif (voir A3.3);

ü De comprendre, apprécier et évaluer leur histoire et leur héritage (voir A3.4 et A3.7)

B3.3 Contenu de l’éducation conventionnelle

B3.3.1 Nous affirmons que l’enseignement implique la transmission de la connaissance de la réalité créée de Dieu dans tous ses aspects (voir A3.2 et A3.3)

B3.3.2 Nous affirmons que le choix, le contenu et l’organisation du programme reflète toujours les convictions fondamentales de ceux qui l’établissent. Aucun programme n’est neutre. C’est pourquoi il faut trouver dans les convictions et les valeurs de la Bible une base valable sur laquelle déterminer le contenu et l’organisation du programme (voir A3.4).

B3.3.3 Nous affirmons que l’importance des convictions et des valeurs devrait être un élément central du contenu de l’éducation. On devrait aider les élèves à distinguer et évaluer de façon critique leurs propres points de vue ainsi que ceux des autres. Cela s’applique à tous les sujets du programme et est essentiel à l’étude de la Bible (voir A3.4).

B3.3.4 Nous affirmons que ce qui est « caché » dans le programme est aussi important que ce qui est visible. C’est pourquoi, les convictions sous-jacentes et les valeurs devraient être exprimées de façon cohérente tant dans la façon de diriger une école que dans le contenu des sujets qui sont enseignés.

B3.4 Méthodes d’éducation

B3.4.1 Nous affirmons que l’Ancien et le Nouveau Testaments, particulièrement l’exemple de Christ, constituent une source de principes méthodologiques importante pour enseigner de façon appropriée et variée (voir A3.4).

B3.4.2 Nous affirmons que des relations d’autorité, de respect et d’amour sont d’une importance cruciale pour créer un environnement sauf, favorable à l’apprentissage (voir A3.3).

B3.4.3 Nous affirmons que les enseignants devraient exprimer les convictions et les valeurs Chrétiennes dans leur attitude et leur façon d’enseigner (voir A3.6).

B3.4.4 Nous affirmons que les méthodes d’enseignement devraient être destinées à développer les capacités de l’élève à s’approprier leurs propres convictions et valeurs plutôt que de les manipuler ou de les contraindre à accepter les convictions et les valeurs des autres (voir A3.3).

B3.4.5 Nous affirmons que les méthodes d’enseignement devraient respecter la dignité de l’individu, développant dans l’élève une estime de lui même (voir A3.3).

B3.4.6 Nous affirmons que les méthodes d’enseignement devraient prendre en compte:

ü La nature du sujet,

ü Les besoins et les aptitudes individuels de l’enseignant et de l’élève, et

ü Les différents styles d’apprentissage des élèves, afin que les élèves apprennent et développent leur capacité à être responsables de leur apprentissage (voir A3.3)

B3.4.7 Nous affirmons que la discipline est nécessaire, à cause de la nature déchue des êtres humains. Elle devrait être motivée par l’amour, impliquant l’éloge et la récompense; elle devrait avoir pour but une repentance produisant un changement positif, le pardon et la restauration (voir A3.3, A3.5 et A3.6).

B3.4.8 Nous affirmons qu’un accompagnement pastoral est essentiel et devrait pourvoir aux besoins réels des enfants et des familles. Il devrait employer des méthodes en accord avec les enseignements bibliques et refléter l’amour et la compréhension illustrés par Jésus Christ (voir A3.3 et A3.4)

B3.4.9 Nous affirmons que les éducateurs devraient équiper et motiver leurs élèves à être disposés à apprendre tout au long de leur vie (voir A3.6)

B3.5 Leadership, politique et administration dans l’éducation

B3.5.1 Nous affirmons que la politique de l’éducation en général, et l’administration de certaines institutions éducatives, devraient servir les objectifs les plus élevés de l’éducation plutôt qu’une vision plus ou moins orientée économiquement (voir B3.2).

B3.5.2 Nous affirmons que la politique du gouvernement et de l’enseignement scolaire devraient toujours rechercher à protéger et aider les pauvres, les marginaux, ceux qui sont désavantagés et sans pouvoir. (voir A3.3).

B3.5.3 Nous affirmons que les responsables de l’éducation devraient être dévoués à une vision, une inspiration et au service plutôt que vouloir dominer (voir A3.3).

B3.5.4 Nous affirmons que le pouvoir devrait s’exercer de façon ouverte et revêtue d’autorité, plutôt que de façon punitive, fermée et péremptoire (voir A3.3).

B3.5.5 Nous affirmons que la direction et l’administration d’écoles est d’un intérêt crucial. La pensée et les valeurs Chrétiennes ont une contribution particulièrement cruciale à apporter au développement de l’ambiance des écoles.

B3.5.6 Nous affirmons que les leaders devraient habiliter les enseignants à être de bons administrateurs de classes, par exemple par l’accompagnement pastoral, et en facilitant la formation continue.

 




Notre confession de foi

Confession de foi de l’Alliance Evangélique




Charte francophone

Charte commune des établissements scolaires  Protestants Evangéliques en Francophonie

Cette charte, révisée par les écoles protestantes évangéliques en 1998, reprend l’ensemble de la charte réalisée lors de la consultation COEF 5 (Communion des Œuvres et des Eglises dans la Francophonie sur les 5 continents) qui s’est tenue à Paris en février 1997. Cette consultation comprenait des éducateurs et pasteurs de francophonie du Nord et du Sud.

1- Pourquoi éduquer ?

NOUS CROYONS que l’Education Chrétienne répond aux deux commandements de Jésus :
– « Laissez venir à moi les petits enfants et ne les empêchez pas… » Luc 18:16
– « Allez et faites de toutes les nations des disciples et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et je serai avec vous… » Matthieu 28:19 et 20
2- Qui éduquer ?

NOUS CROYONS que l’Education Chrétienne s’adresse à tout le monde, en particulier aux enfants parce qu’ils sont un terrain neuf et le potentiel d’une nation, et aux parents, pour les amener à prendre conscience de leur rôle dans le projet de Dieu.

 

3- Qui éduque ?

NOUS CROYONS que le mandat de l’Education a été confié à la responsabilité de la Famille de Dieu: les parents et l’Eglise. NOUS ENCORAGEONS l’Eglise à ouvrir des écoles.

 

4- Dans quel cadre éduquer ?

NOUS CROYONS donc que la famille, comme cellule fondamentale et l’Eglise, comme Corps, sont les lieux propres à cette éducation.

 

5- Eduquer en vue de quoi ?

NOUS CROYONS qu’éduquer, c’est travailler à la croissance physique, mentale, sociale et spirituelle de l’enfant – devant Dieu mais aussi devant les hommes – en tant que citoyen porteur de vie dans toutes les sphères de la société et dans les nations. Luc2:52

 

6- Eduquer selon quelles valeurs ?

NOUS CROYONS que :
a) la BIBLE est la référence qui fait autorité. 2Tim.3:16 et 17
b)  » la crainte de l’Eternel est le commencement de la science. Prov.1:7
c) nous sommes redevables de l’héritage judéo-chrétien. Rom.11
d) l’Esprit de la Grâce est nécessaire à sa lecture, son interprétation et son application mais aussi dans l’acte d’enseigner. Jean 1:17
e) un enseignant n’instruit pas seulement, il éduque et communique ce qu’il est: seules des vies changées peuvent changer d’autres vies. Luc 6:40
f) l’Education Chrétienne exprime la réconciliation de l’homme avec Dieu, avec lui-même; les autres et la nature. Col.1:20
g) nous sommes appelés à créer les conditions favorables pour réconcilier :
– la création, la créature et le Créateur
– les sexes, les générations, les ethnies et les classes sociales
– la famille, l’église et l’école
– la théorie et la pratique, le « sacré » et le « profane », la piété et la gaieté, la formation du caractère et celle de l’intelligence
– la science et la foi, le naturel et le surnaturel, le cœur et la tête, la raison et la révélation
h) l’étude de la création, objets des matières scolaires, n’est pas une fin en soi mais un moyen de mieux connaître le Père. Rom.1:20
Elle développe aussi une vision chrétienne du monde, une éthique, une mentalité et un comportement au service du prochain et de la Cité. Jér.29:7 – Jean 15:17 – 1Co.13

 

7- Eduquer par quels moyens ?

NOUS CROYONS :
a) en la spécificité d’une éducation francophone.
b) en la nécessité de transmettre la vision de l’Education Chrétienne dans l’espace francophone.
c) en la nécessité d’une éducation de base pour les deux sexes.
d) en la nécessité d’un réseau facilitant la communion, l’information et l’échange de compétences entre les différents ministères et œuvres au service de l’éducation.

NOUS ENCOURAGEONS :
e) la création, l’édition, la diffusion et l’adaptation à tous les niveaux (local, régional et national) d’outils pédagogiques permettant l’étude de toutes les matières académiques dans une perspective chrétienne
f) la création de structures d’éducation, de la crèche à l’université, comprenant aussi les structures spécialisées (écoles professionnelles, techniques …)